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La commissaire européenne à la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen ne cachait pas sa joie ce mercredi 22 juillet, à l'annonce de cette sanction par la Commission européenne : "Les mesures prises aujourd'hui démontrent la force de la législation sur les services numériques pour créer un environnement en ligne plus sûr", a-t-elle souligné, tout en saluant "les engagements d'AliExpress pour devenir une plateforme plus sûre pour les utilisateurs".
Bruxelles vient de frapper fort. La Commission européenne a infligé à AliExpress, filiale du géant chinois Alibaba, une amende record de 550 millions d’euros pour violation du Digital Services Act (DSA), la législation de l’UE sur les services numériques. La plateforme est accusée d’avoir permis la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits à des consommateurs européens, sans mettre en place les garde-fous exigés par la réglementation.
Un constat accablant : des millions de colis non conformes
La décision de la Commission s’appuie sur un en quête en forme de constat alarmant. Lors d’auditions devant le Parlement européen, des responsables ont révélé que plus de 90% des petits colis en provenance de Chine ne seraient pas en règle. Des tests menés sur plus de 30 000 produits expédiés par Shein, AliExpress, Temu et Amazon ont par ailleurs mis en évidence un taux de défaillance élevé dans plusieurs catégories sensibles : 65% pour les cosmétiques, 60% pour les équipements de protection individuelle et 63% pour les compléments alimentaires. En laboratoire, 81% des échantillons présentaient des risques avérés pour la santé ou la sécurité.
Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi posé par l’explosion de l'e-commerce transfrontalier. Avec 4,6 milliards de petits colis entrés dans l’UE l’an dernier, les autorités peinent à contrôler des flux massifs, souvent expédiés en dessous du seuil de 150 euros, anciennement exonéré de droits de douane. Depuis le 1er juillet 2026, un droit forfaitaire de 3 euros par colis vise à limiter ces dérives, mais la conformité des produits reste un problème structurel.
Les manquements reprochés à AliExpress
La Commission estime qu’AliExpress n’a pas alloué de ressources suffisantes à son système de modération, permettant à des produits interdits de circuler librement. Le site n’avait pas non plus mis en place de politique de sanctions crédible à l’encontre des vendeurs récidivistes. Pire, des commerçants malintentionnés pouvaient contourner les vérifications grâce à des équipes de contrôle sous-dimensionnées.
L’amende se décompose en deux volets : 110 millions d’euros pour des carences dans l’évaluation des risques (2023-2024) et 440 millions pour les défaillances dans la mise en œuvre des mesures correctives. Un montant qui reste inférieur au plafond théorique de 6% du chiffre d’affaires mondial, mais qui envoie un signal clair.
Comment AliExpress peut éviter de nouvelles pénalités
Pour échapper à des sanctions supplémentaires, AliExpress doit soumettre, avant le 20 octobre 2026, un plan d’action correctif crédible. Concrètement, cela implique :
- le déploiement de systèmes de détection automatisés plus performants pour identifier les produits illicites ;
- un renforcement des équipes de modération et de contrôle des vendeurs ;
- la mise en place d’une politique de sanctions dissuasive envers les commerçants non conformes ;
- une coopération accrue avec les autorités nationales et la Commission.
À défaut, le site s’expose à des pénalités financières périodiques, voire, dans les cas extrêmes, à des restrictions d’accès sur le marché européen.
Un tournant pour le e-commerce transfrontalier
Cette sanction marque une étape majeure dans la régulation du commerce en ligne. Elle place la conformité des produits et la protection des consommateurs au cœur des obligations des plateformes. Pour les acteurs du secteur, le message est limpide : le laxisme n’est plus une option.
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