©picture alliance / press.media | Shatokhina Natalia
L'Estonie, lassée de l'influence russe sur son territoire, lance un ultimatum à l'Église orthodoxe. C'est ce qu'annonce la chaîne publique estonienne ERR News.
L’Estonie a donné six mois à l’Église orthodoxe estonienne pour rompre ses liens avec le patriarcat de Moscou. Si l’Église ne s’y conforme pas avant le 28 décembre, le ministre de l’Intérieur pourra engager une procédure visant à la dissoudre de force.
Cette mesure fait suite à de récentes modifications législatives interdisant aux organisations religieuses estoniennes de rester liées à un chef religieux étranger représentant un risque pour la sécurité nationale. Selon le ministère, toutes les communautés religieuses concernées doivent désormais adapter leurs statuts et leurs structures de gouvernance aux nouvelles règles.
C’est surtout l’Église orthodoxe estonienne, anciennement connue sous le nom d’Église orthodoxe estonienne du Patriarcat de Moscou, qui est dans le collimateur. Son chef, le métropolite Eugène, a dû quitter le pays dès le début de l’année 2024 après que les services de sécurité ont qualifié ses activités de menace pour la sécurité.
Au sein du ministère, le message est sans équivoque. Selon le conseiller Ilmo Au, l’Église doit d’abord nommer un nouveau métropolite et, en outre, supprimer de ses documents toute référence au patriarche Kirill. Le "tomos" de 1993, document fondateur qui consacre le lien avec Moscou, pourrait également constituer un obstacle juridique.
L’historien de l’Église Priit Rohtmets s’attend à ce que l’Église modifie bien ses statuts, mais estime qu’une rupture totale avec Moscou sera beaucoup plus difficile à réaliser. Il souligne que cette affaire débouchera probablement sur de nouveaux procès visant à déterminer si les liens avec l’Église orthodoxe russe ont réellement été rompus.
Le gouvernement estonien affirme quant à lui que l’Église pourra désormais agir sans l’autorisation de Moscou. Selon le ministère, elle n’aura plus besoin de demander l’approbation d’une instance étrangère pour définir sa propre ligne de conduite.
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