The Press Junction.
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04 août 2026

Crise migratoire à Ceuta : l'Espagne envoie l'armée après l'arrivée soudaine de 40 000 réfugiés

CEUTA, SPAIN - JULY 30: Hundreds of migrants have attempted to swim from Morocco to the Spanish city of Ceuta in North Africa, while the number of arrivals exceeded 1,500 in just over a week, according to local news in Cueta, Spain on July 30, 2026. As Moroccan and Algerian migrants attempted to reach Ceuta by swimming, most were reportedly intercepted by Moroccan patrol boats. Spain's Maritime Rescue Service and the Spanish Red Cross rescued 117 people from the water, while the Civil Guard assisted around 200 others with patrol boats. The Spanish Civil Guard also found two bodies which raised the death toll along Ceuta's coastline so far this year to 29. Marcos Moreno / Anadolu

L’Espagne déploie des troupes pour rétablir l’ordre dans l’enclave nord-africaine de Ceuta, après que des milliers de migrants ont franchi jeudi la frontière depuis le Maroc – à la nage, à l’aide de bouées, et en partie par la frontière terrestre. Selon les médias locaux, au moins 19 personnes ont perdu la vie lors de la traversée. Le gouvernement espagnol parle de "scènes chaotiques" et accuse les réseaux de passeurs d’exploiter la situation. Plus de 40 000 migrants auraient franchi la frontière ces derniers jours.

La crise a éclaté après plusieurs jours marqués par une augmentation du nombre de tentatives de passage. Jeudi, les contrôles aux frontières semblaient s’être temporairement effondrés : des images montraient des foules se jetant à la mer et envahissant les plages de Ceuta avec des gilets de sauvetage. Les centres d’accueil ont été submergés, et des milliers de personnes ont passé la nuit dans la rue. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a appelé Madrid à intervenir immédiatement. Le Premier ministre Pedro Sánchez se rendra vendredi dans l’enclave et a promis de "rétablir la normalité dès que possible".

La cause de ce pic n’est pas claire, mais les autorités espagnoles mettent en avant un récent arrêt de la Cour suprême. Les migrants interceptés en mer alors qu’ils se dirigeaient vers Ceuta ou Melilla ne peuvent plus être renvoyés immédiatement au Maroc. Le ministère de l’Intérieur affirme que des réseaux criminels exploitent cette situation pour "encourager l’afflux de migrants en situation irrégulière". Ces derniers tirent en effet d’énormes profits de ces pratiques inhumaines.

L’Italie souhaite exclure temporairement l’Espagne de l’espace Schengen

Les répercussions s’étendent bien au-delà de l’Espagne. Dans l’autre enclave, Melilla, selon des responsables locaux, environ 300 à 400 personnes ont franchi la frontière, en partie en escaladant des clôtures fermées. Les images en provenance de Ceuta ont également donné lieu à un différend diplomatique avec l’Italie. La Première ministre Giorgia Meloni a qualifié la situation de "choquante" et a déclaré que l’Italie "envisageait des mesures exceptionnelles", notamment la suspension temporaire de la circulation au sein de l’espace Schengen avec l’Espagne. "L’immigration clandestine incontrôlée constitue une menace réelle pour la sécurité des frontières de l’Europe ", a-t-elle écrit sur X.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a qualifié la rhétorique italienne "d’inadmissible" et de "démagogie partisane". Il a convoqué l’ambassadeur italien à Madrid pour lui demander des explications. Les experts soulignent qu’une suspension de l’accord de Schengen est juridiquement complexe et nécessite le soutien d’autres pays de l’UE, mais la pression politique s’intensifie.

Une centaine de migrants rentrent volontairement au Maroc

Vendredi, l’afflux massif semblait s’atténuer. Les autorités marocaines ont déployé des canons à eau à Fnideq, la ville frontalière de leur côté. Des centaines de migrants étaient d’ailleurs déjà rentrés au Maroc, certains à la nage, d’autres par la frontière terrestre. Certains ont déclaré que Ceuta était surpeuplée, sans endroit où dormir ni nourriture ; d’autres ont rapporté que des habitants leur jetaient des pierres et les menaçaient avec des armes.

L’Espagne et le Maroc collaborent pour assurer le retour des personnes entrées illégalement sur le territoire, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. L’enclave, qui compte environ 84 000 habitants, a accueilli ces derniers jours, selon les estimations, des dizaines de milliers de nouveaux arrivants – un afflux qui exacerbe à nouveau les tensions au sein de l’UE.

 

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