The Press Junction.
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04 août 2026

Des prisonniers de guerre africains veulent rentrer en Russie

©Chuanchai Pundej

Des prisonniers de guerre africains en Ukraine affirment ne pas vouloir rentrer chez eux, mais souhaiter retourner en Russie. Leurs témoignages mettent en lumière une réalité dérangeante dans la lutte entre Moscou et Kiev pour l’influence en Afrique. En effet, tous ceux qui combattent aux côtés de la Russie ne disent pas le faire contre leur gré. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Politico.

Dans un centre de détention ukrainien, un prisonnier de guerre congolais, connu sous le pseudonyme d’Avatar, a déclaré qu’il espérait un échange de prisonniers qui le ramènerait en Russie, où vit sa famille. "Pourquoi voudrais-je retourner au Congo ?", a-t-il déclaré à Politico. Selon lui, il savait exactement à quoi s’engager lorsqu’il s’est enrôlé dans l’armée russe. Un codétenu égyptien, Cairo, a tenu les mêmes propos : selon lui, ces hommes veulent retourner en Russie, et non être rapatriés en Afrique. 

Pour l’Ukraine, ces prisonniers de guerre africains constituent un élément important de la bataille diplomatique. Kiev tente de convaincre les pays africains que la Russie utilise les citoyens du continent comme du matériel de guerre bon marché et interchangeable. Les diplomates ukrainiens affirment que, depuis le début de l’invasion à grande échelle, Moscou a recruté près de 3 000 civils issus de 36 pays africains, souvent en leur faisant miroiter la perspective d’un emploi et d’un revenu. Mais les prisonniers eux-mêmes contredisent en partie cette version des faits. Ils affirment en effet que c’est précisément l’argent qui a été déterminant. La Russie proposerait notamment une prime unique d’environ 13 000 dollars et un salaire mensuel d’au moins 2 000 dollars.

Cette question s’inscrit dans le cadre d’une lutte de pouvoir plus large sur le continent africain. La Russie y dispose de liens historiques plus profonds, d’un plus grand nombre d’ambassades et peut s’appuyer sur des années de sympathie pour l’Union soviétique. L’Ukraine a certes renforcé sa présence diplomatique, passant de dix à dix-huit ambassades, mais la Russie reste bien plus visible avec ses 49 représentations. 

Selon des responsables ukrainiens, Moscou diffuse en outre activement de la désinformation afin de présenter l’Ukraine comme un pays raciste ou néonazi. Pourtant, les prisonniers de guerre africains considèrent surtout leur sort comme une question de contrats, d’argent et de malentendus. Un prisonnier ghanéen de 55 ans, Future, a déclaré que l’Ukraine ferait mieux de les échanger contre des combattants étrangers aux côtés de l’Ukraine : "Si l’Ukraine veut vraiment être amie avec l’Afrique, elle doit nous laisser partir".

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