©Sasun Bughdaryan via Unsplash
Jeudi, à Utrecht, des centaines de personnes ont manifesté contre l’acquittement de deux hommes dans une affaire de viol impliquant une jeune fille de 17 ans. Selon les médias locaux, environ 700 manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice qui ont qualifié ce verdict "d’incompréhensible".
Le tribunal a estimé la semaine dernière qu’il était certes établi que des actes sexuels avaient eu lieu, mais qu’il n’était pas possible de prouver juridiquement qu’il s’agissait d’un viol. Selon le juge, il n’a pas été possible d’établir que la victime se trouvait dans une situation de vulnérabilité particulière, ce qui était nécessaire dans cette affaire pour prononcer une condamnation.
L’affaire porte sur une rencontre survenue en octobre dernier. Après une soirée dans un café, la jeune fille est montée dans la voiture des deux hommes, âgés de 45 et 48 ans, qui devaient la ramener chez elle. En chemin, le groupe s’est arrêté sur un parking près d’un McDonald’s, où, selon le ministère public, des actes sexuels ont eu lieu. Peu après son retour chez elle, la jeune fille a appelé une amie et lui a dit qu’elle avait été violée.
Le ministère public avait requis quatre ans de prison et fait appel de l’acquittement. Selon lui, les hommes ont abusé de la situation de vulnérabilité de l’adolescente, mais le tribunal a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves à cet égard. Le juge a également souligné que les relations sexuelles avaient cessé lorsque la jeune fille avait dit qu’elle voulait rentrer chez elle.
Les manifestants n’ont pas accepté cette décision. Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Ne touchez pas à mon corps", "Arrêtez de rejeter la faute sur la victime" et "Pas de oui = non". Cette action s’inscrivait dans le cadre d’un débat plus large aux Pays-Bas sur les violences sexuelles, le consentement et la manière dont la vulnérabilité est évaluée dans les procédures judiciaires.
Le verdict a suscité une vive polémique au sein de la société, car le tribunal a certes confirmé l’existence d’actes sexuels, mais n’a pas pu les qualifier juridiquement de viol. Pour les manifestants d’Utrecht, c’était précisément là le problème : selon eux, la vulnérabilité de la victime doit peser davantage dans la balance.
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