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L'Europe tire de plus en plus fort la sonnette d'alarme face à ce que de nombreux décideurs politiques considèrent désormais comme une vaste "guerre de l'ombre" menée par la Chine. Au cours des deux dernières années, au moins trente agents et collaborateurs travaillant pour Pékin ont été démasqués en Europe et dans les régions voisines, tandis que des députés allemands évoquent un appareil de sécurité chinois comptant jusqu’à 800 000 espions à son service.
Selon le député européen Engin Eroglu, l’approche chinoise en matière de renseignement en Europe est devenue beaucoup plus professionnelle et étendue au cours des dix dernières années. Alors qu’auparavant Pékin s’intéressait principalement aux secrets militaires et diplomatiques, les opérations chinoises ciblent désormais également la technologie, les infrastructures critiques, la prise de décision politique et les dissidents chinois en Europe.
Ils se font parfois prendre
La liste des incidents est longue. En Allemagne, en avril 2024, un collaborateur du politicien de l’AfD Maximilian Krah, puis un couple germano-chinois, ont été arrêtés pour espionnage ou transmission de connaissances technologiques à Pékin. En Belgique, Huawei a été mis en cause en 2025 dans le cadre d’une enquête sur la corruption et l’ingérence, tandis qu’auparavant, un homme politique du Vlaams Belang avait été exclu de son parti après qu’il s’est avéré qu’il avait reçu pendant des années de l’argent de Chine pour influencer des positions politiques.
Des affaires d’espionnage ont également été mises au jour en Grèce et en France. Un officier de l’armée de l’air grec ayant accès aux informations de l’OTAN aurait transmis des renseignements militaires, tandis qu’en France, deux techniciens chinois ont été interpellés dans le cadre d’une affaire liée à l’interception de signaux Starlink. En Pologne, la vigilance s’est accrue à la suite d’affaires antérieures liées à Huawei et à l’espionnage, et des restrictions supplémentaires ont entre-temps été mises en place concernant les véhicules chinois sur les sites militaires.
L'espionnage au sein de l'UE
En dehors de l’UE, la menace reste bien présente. La Norvège a récemment arrêté deux suspects chinois à proximité d’infrastructures spatiales sensibles, tandis que le Royaume-Uni reste l’un des fronts les plus actifs dans la lutte contre l’infiltration chinoise. Les services de sécurité britanniques et américains alertent depuis longtemps sur le fait que des agents secrets chinois mènent une campagne de recrutement agressive via LinkedIn et d’autres réseaux professionnels.
Selon les experts, le cœur du problème ne réside pas seulement dans l’espionnage, mais aussi dans la pression économique et l’ingérence politique. L’Europe cherche donc à trouver un équilibre entre le commerce avec la Chine et la protection de sa propre souveraineté.
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