©Mihály Köles
La Hongrie rejoint le Parquet européen, l’institution européenne chargée d’enquêter et de poursuivre les fraudes portant atteinte aux fonds de l’UE. La Commission européenne a donné vendredi son feu vert à cette adhésion, ce qui permettra aux procureurs européens d’enquêter sur d’éventuelles irrégularités en Hongrie à partir de 2021.
Pour le Premier ministre Peter Magyar, cette décision constitue un élément important de sa campagne contre la corruption. Son gouvernement avait officiellement demandé en mai à rejoindre le Parquet européen, peu après que Peter Magyar eut promis de mettre fin à la gestion des deniers publics sous son prédécesseur Viktor Orbán, critiquée depuis des années. Selon M. Magyar, la corruption en Hongrie n’est pas seulement un problème financier, mais aussi une menace pour la démocratie.
La Commission européenne considère également cette décision comme un signal fort. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a qualifié cette adhésion de "mesure bienvenue dans la lutte contre la fraude et la corruption" et a déclaré que la population hongroise était désormais mieux protégée lors de l’utilisation des fonds européens. Dans le même temps, il reste encore beaucoup à faire.
La Hongrie doit en effet encore désigner des candidats pour les procureurs délégués qui collaboreront localement avec le Parquet européen (EPPO) . Le Parquet européen, dont le siège est à Luxembourg, existe depuis 2021. Il enquête sur les infractions portant atteinte au budget de l’UE, telles que la fraude, la corruption et les montages frauduleux transfrontaliers.
Il est dirigé par la procureure générale roumaine Laura Kövesi, qui collabore avec les procureurs des États membres participants. Avec l’arrivée de la Hongrie, le nombre de pays participants continue d’augmenter, ce qui signifie que le Parquet européen couvre désormais la quasi-totalité des États membres de l’UE.
Le moment choisi pour l’adhésion de la Hongrie est politiquement sensible. Bruxelles retient toujours des milliards d’euros destinés à la Hongrie en raison de préoccupations liées à la corruption et à des problèmes concernant l’État de droit, mais constate sous le gouvernement Magyar une plus grande volonté de réforme. Le même jour, le Conseil de l’UE a également approuvé le plan de relance de la Hongrie, une nouvelle étape vers le déblocage des fonds européens.
La Hongrie souhaite par ailleurs créer sa propre agence anti-corruption afin d’enquêter sur les anciens détournements de fonds publics et de prévenir toute fraude future. Budapest tente ainsi de regagner la confiance tant à Bruxelles que dans son propre pays.
(©Mihály Köles via Unsplash)
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