The Press Junction.
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03 août 2026

La "révolution des flamants roses" contre la famille Trump dure depuis déjà 50 jours

Members of the Flamingo Revolution carry a large satirical birthday cake depicting Albanian Prime Minister Edi Rama and opposition leader Sali Berisha during the thirty-fifth consecutive day of protests against a proposed luxury tourism development project in Tirana, Albania, on July 4, 2026. The installation coincides with Rama's birthday. (Photo by Vlasov Sulaj/NurPhoto) ©picture alliance / NurPhoto | Vlasov Sulaj

Dimanche, à Tirana, une manifestation a eu lieu pour le cinquantième jour consécutif contre un projet immobilier controversé sur la côte albanaise. Les manifestants exigent désormais non seulement l'abandon du projet, mais réclament également la démission du Premier ministre Edi Rama.

Le mouvement a débuté fin mai pour s'opposer à la construction d'un complexe hôtelier de luxe dans une réserve naturelle protégée au bord de la mer Adriatique, mais il s'est transformé en un mouvement anti-gouvernemental plus large. Selon les manifestants, ce projet symbolise non seulement une atteinte à la nature, mais aussi la corruption, le manque de transparence et une influence politique excessive des investisseurs étrangers.

"Rama, démissionne !"

Dimanche, on pouvait notamment lire sur les banderoles et entendre dans les slogans : "Rama, démissionne", "L’Albanie n’est pas à vendre" et "L’Albanie réclame la révolution". Les manifestants affirment qu’ils ne quitteront pas la place tant que leurs revendications n’auront pas été satisfaites. Jeudi, ils prévoient de descendre à nouveau massivement dans la rue lors d’une marche nationale de protestation devant le Parlement albanais.

Manifestation "flamant rose"

La colère vise principalement un grand projet touristique lié à Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump. Sa société d’investissement souhaite développer un complexe hôtelier de luxe comprenant des milliers de chambres sur l’île inhabitée de Sazan et dans la réserve naturelle située de l’autre côté de la côte. La région constitue un habitat essentiel pour les flamants roses, les hérons, les phoques moines et d’autres espèces vulnérables. C’est pourquoi le mouvement de protestation a rapidement été surnommé la "révolution des flamants roses". Les organisations environnementales alertent sur le fait qu’il s’agit de l’une des zones de biodiversité les plus importantes de la Méditerranée. L’agitation s’est encore intensifiée lorsque la zone a été bouclée et que les habitants locaux se sont opposés à ce qu’ils considèrent comme une menace pour leur milieu de vie.

Le gendre de Trump s’est-il fait escroquer ?

Le Premier ministre Edi Rama continue de défendre le projet et y voit une opportunité de mieux positionner l’Albanie sur la carte du tourisme. Selon lui, la préservation de la nature et le développement peuvent aller de pair, et le pays a besoin d’investissements étrangers pour aller de l’avant. Entre-temps, l’affaire prend également une tournure juridique de plus en plus délicate. 

L’agence albanaise de lutte contre la corruption (SPAK) enquête notamment sur la modification de la loi qui a permis la construction dans des zones protégées, ainsi que sur l’origine des investissements et la vente du terrain. Reuters a rapporté que le terrain en question aurait pu être vendu de manière irrégulière et que des questions se posent quant à la falsification de titres de propriété. L'affaire est ainsi passée d'une simple manifestation environnementale à un vaste dossier politique, avec des manifestants en colère dans les rues qui réclament de plus en plus fort la démission du Premier ministre Rama.

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