"L'attaque contre le Saint-Pétersbourg de Poutine est un coup de poignard dans le cœur de ses partisans"
©picture alliance / Anadolu | Sefa Karacan
Des drones ukrainiens ont frappé plusieurs cibles à Saint-Pétersbourg mardi soir, dont un important terminal pétrolier. Le maire a confirmé que plusieurs personnes avaient été blessées lors de cette attaque sur différents sites de la ville russe.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé que seules des "cibles purement militaires" avaient été touchées. Outre le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, l'un des plus grands complexes de transbordement de pétrole de Russie avec un trafic annuel de 12,5 millions de tonnes, la base navale de Kronstadt et une entreprise de fabrication d'armes dans la région de Tambov ont également été touchées.
L'attaque visait délibérément à perturber le Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Cet événement a en effet débuté mardi soir. Surnommé le "Davos de Poutine", ce forum économique est l'une des conférences économiques les plus importantes de Russie. En temps normal, 20 000 invités de 130 pays y participent. Le président russe Vladimir Poutine y est également attendu cette année pour s'adresser aux participants.
La Russie déclare avoir abattu plus de 350 drones ukrainiens la nuit dernière, dont une soixantaine au-dessus de la région de Saint-Pétersbourg. Le trafic aérien autour de la ville a été temporairement restreint mercredi matin en raison d'explosions et d'incendies dans la zone industrielle.
Moscou, Novgorod et Smolensk ont également été visées. À Smolensk, deux pompiers ont perdu la vie alors qu'ils luttaient contre un incendie provoqué par des débris de drone. L'Ukraine affirme que cette attaque est une réponse de représailles aux lourdes frappes russes de lundi soir, qui ont fait au moins 23 morts, dont deux enfants. Le choix de cibler précisément Saint-Pétersbourg n'est certainement pas un hasard. Kiev sait qu'il s'agit d'un endroit sensible pour Poutine.
Saint-Pétersbourg : là où Poutine s'est forgé ses soutiens à vie
Vladimir Poutine est né à Leningrad le 7 octobre 1952. C'est la ville que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Saint-Pétersbourg.
Le chef du Kremlin a également commencé sa carrière politique à Saint-Pétersbourg dans les années 1990 en tant qu'assistant du maire Anatoli Sobtchak, où il a attiré les investisseurs occidentaux et développé son réseau.
Aujourd'hui, le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg est l'un des plus grands complexes de transbordement de pétrole en Russie, ce qui confère à la ville une importance économique majeure pour le pays.
Par ailleurs, Poutine se compare volontiers à Pierre le Grand, qui a fait de Saint-Pétersbourg une "fenêtre sur l'Europe". En se référant à cette ville, il légitime son expansionnisme et revendique comme territoires russes des régions où vivaient autrefois des Slaves.
Le "gang de Saint-Pétersbourg"
Saint-Pétersbourg peut sans conteste être considérée comme la base du pouvoir de Poutine. C'est là, dans ses premières années politiques, qu'il a créé d'une main de fer un réseau d'oligarques, d'hommes d'affaires et d'hommes de main, fondé sur la loyauté, la corruption et les intérêts mutuels, qui s'est développé au fil des ans jusqu'à devenir le gouvernement de la Russie.
En outre, le Forum économique international annuel de Saint-Pétersbourg ("le Davos de Poutine") est l'un des événements diplomatiques les plus importants de la Russie, au cours duquel Poutine présente sa vision économique et tente d'attirer les investissements étrangers, malgré les sanctions occidentales.
Sur les réseaux sociaux, les Ukrainiens célèbrent l'attaque d'hier soir comme un "feu d'artifice pour la fête de Poutine".
©picture alliance / Anadolu | Sefa Karacan
