©picture alliance / NurPhoto | Jonathan Raa
Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Donald Trump a de nouveau suscité des tensions en affirmant que le Groenland devrait être "sous le contrôle des États-Unis" et non du Danemark. Le président américain a ainsi relancé un dossier de longue date et très sensible, alors même que l’alliance est déjà sous pression en raison des débats sur les dépenses de défense, l’Iran et la répartition des rôles entre l’Europe et les États-Unis.
Donald Trump a lié cette déclaration aux critiques plus générales qu’il formule depuis longtemps à l’encontre des alliés de l’OTAN. Selon lui, le Danemark ne protège pas suffisamment le Groenland, alors que cette île revêt, à ses yeux, une importance stratégique pour les États-Unis en raison de sa situation géographique entre l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe. Il a également affirmé que les États-Unis dépensaient beaucoup d’argent pour soutenir leurs alliés européens et que Washington pourrait éventuellement retirer ses troupes d’Europe.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a réagi vivement peu après, réaffirmant que le Groenland "n’est pas à vendre". Elle a souligné que l’avenir de l’île appartenait aux Groenlandais eux-mêmes et que tous les alliés devaient respecter le droit à l’autodétermination. Des responsables britanniques se sont également ralliés à cette position et ont fait remarquer que l’avenir du Groenland ne serait pas déterminé par le président américain.
La question du Groenland n’est bien sûr pas nouvelle. Trump tente depuis un certain temps déjà d’exercer des pressions sur le Danemark, ce qui avait déjà suscité de vives réactions en Europe et des critiques dans son propre pays. En janvier, il avait encore menacé d’exercer des pressions économiques sur ses alliés, une mesure qu’il a ensuite atténuée mais qui a néanmoins continué à assombrir les relations transatlantiques.
Cette nouvelle confrontation jette une ombre sur un sommet de l’OTAN qui visait justement à projeter une image d’unité et de force. À Ankara, les alliés tentent en effet de convaincre Donald Trump de leur volonté d’investir davantage dans la défense tout en préservant l’alliance, mais la question du Groenland montre à quel point cet équilibre reste fragile.
Pendant ce temps, le Groenland lui-même reste au cœur d’une lutte géopolitique qui dépasse largement le cadre du sommet d’Ankara. Pour l’OTAN, ce dossier constitue avant tout un test de solidarité interne, alors même que l’alliance est également mise à rude épreuve par la guerre, les conflits commerciaux et les exigences américaines envers l’Europe.
(©picture alliance / NurPhoto | Jonathan Raa)
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