Le mystérieux syndrome de La Havane a tourmenté les militaires américains pendant des années
©JF Martin via Unsplash
Les États-Unis ont versé près de 3 millions de dollars aux victimes du "syndrome de La Havane", une mystérieuse affection neurologique qui a principalement touché des diplomates, des espions et leurs familles. Il s’agit des premiers versements effectués depuis qu’une loi de 2021 a ouvert la voie à l’indemnisation des membres du personnel touchés.
Il s’agit d’un trouble neurologique mystérieux qui a touché des espions, des diplomates et leurs familles, et dont l’origine n’a jamais pu être entièrement élucidée. Les Américains ont surtout été confrontés à ces troubles physiques dans la capitale cubaine et, même en 2026, on ne sait toujours pas exactement ce qui est à l’origine de ce phénomène ni qui en est responsable.
Les premiers signalements remontent à environ dix ans, lorsque des diplomates américains et canadiens à La Havane ont soudainement commencé à faire état de symptômes. Par la suite, des cas similaires sont également apparus, notamment en Géorgie et en Chine. Les symptômes variaient considérablement : certains patients entendaient un léger bourdonnement ou sifflement, d’autres ressentaient une forte pression dans la tête, des vertiges ou des nausées.
Des séquelles durables, mais d’où proviennent-elles ?
Pour une partie des personnes concernées, les troubles physiques sont même permanents. En 2022, Erika Stith, ancienne analyste de la CIA, a déclaré à CBS News que son "cerveau était détruit" et qu’elle avait tout perdu. Pendant des années, de tels témoignages ont alimenté la conviction qu’il devait y avoir autre chose qu’une simple explication médicale. Pourtant, la cause reste extrêmement controversée. En 2023, la communauté du renseignement américaine a conclu qu’il était "très improbable" qu’une puissance étrangère soit à l’origine de la plupart des cas, et qu’il n’existait aucune preuve d’une attaque par une arme énergétique hostile. Un an plus tôt, les services avaient encore déclaré que les symptômes "pourraient" liés à des ondes électromagnétiques provenant d’une source externe.
Ingérence russe ?
Cette position allait à l’encontre des enquêtes menées par des médias internationaux, notamment The Insider, Der Spiegel et l’émission "60 Minutes" de CBS, qui pointaient du doigt les services de renseignement militaires russes. Les services américains soulignent toutefois qu’ils ne remettent pas en cause les plaintes des personnes concernées, mais maintiennent leur conclusion selon laquelle l’implication d’un acteur étranger est très improbable.
Indemnisation pour préjudice physique
Ces versements ont été rendus possibles par la "loi HAVANA" de 2021, qui autorise les agences américaines à verser une indemnisation aux membres de leur personnel ayant subi des lésions cérébrales dans l’exercice de leurs fonctions. Pour les victimes, cette reconnaissance arrive tardivement, mais elle représente pour elles un premier pas concret après des années d’incertitude, d’enquêtes et de débats.
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