"Le propriétaire du PSG doit détrôner Infantino"
©picture alliance / NurPhoto | Artur Widak
Certaines personnalités influentes du football européen tentent de présenter Nasser Al-Khelaifi, propriétaire du PSG et président de l’European Football Clubs (EFC), comme un adversaire potentiel du président de la FIFA, Gianni Infantino, lors des prochaines élections en 2027. Cette initiative fait suite au projet controversé d’Infantino de vendre des parts de la Coupe du monde de football à des investisseurs privés – une transaction de plusieurs milliards qui suscite de vives critiques à l’échelle mondiale.
Gianni Infantino a lancé le projet "FIFA Forward Enterprise", une nouvelle société chargée de la gestion commerciale des Coupes du monde masculines, féminines et des clubs. Ce projet, dont la valeur serait estimée à 20 milliards de dollars, attire des investisseurs, parmi lesquels Thrive Eternal, dirigée par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump.
Selon The Times, Infantino pourrait diriger la FFE à l’issue de son mandat en 2031, avec un revenu annuel pouvant atteindre 64 millions de dollars – soit dix fois son salaire actuel. Les 211 membres de la FIFA auront chacun la possibilité de recevoir jusqu’à 20 millions de dollars supplémentaires au titre de l’aide au développement.
"Personne ne possède le football !"
L’UEFA réagit avec virulence. "Personne ne possède le football", affirme la fédération européenne, qui qualifie ce projet de "bombe nucléaire". Les 55 membres européens envisagent une réunion d’urgence, voire un boycott. La résistance se fait également entendre sur le plan politique ; le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré : "La Coupe du monde n’est pas un produit. Elle appartient aux supporters." Des critiques émanent également des entraîneurs, de la Fédération norvégienne de football et du Conseil de l’Europe, qui remettent en question l’intégrité de la FIFA.
Pourtant, une véritable contestation du pouvoir semble peu probable. Un représentant d’Al-Khelaifi a déclaré : "Nasser n’est pas intéressé par ce rôle et il continuera à soutenir discrètement toutes les institutions du football européen et mondial."
Infantino se dirige quant à lui vers un quatrième mandat ; plus de 200 des 211 fédérations ont officiellement exprimé leur soutien, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Seule une poignée de fédérations, parmi lesquelles l’Allemagne est l’absente la plus notable, hésite encore. Les candidatures peuvent être déposées ou les lettres de soutien retirées jusqu’au 18 novembre, mais la probabilité de voir émerger un adversaire sérieux reste faible.
Les détracteurs soulignent les tentatives antérieures d’Infantino pour attirer des investisseurs privés ; une proposition datant de 2018, impliquant SoftBank et des relations saoudiennes, avait alors été bloquée par l’UEFA. Aujourd’hui, après des recettes record de 12 milliards de dollars lors de la Coupe du monde 2026, sa position semble inébranlable.
(©picture alliance / NurPhoto | Artur Widak)
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