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Le Parlement hongrois a approuvé un amendement constitutionnel susceptible de destituer le président Tamás Sulyok. Par cette mesure, le nouveau gouvernement du Premier ministre Péter Magyar prend une mesure radicale pour régler ses comptes avec l’héritage de Viktor Orbán.
Lundi, le parti au pouvoir, Tisza, a utilisé sa majorité des deux tiers pour faire adopter le 17e amendement constitutionnel par le Parlement. En conséquence, non seulement Tamas Sulyok perdra son poste, mais Péter Polt, le président de la Cour constitutionnelle, devra également démissionner. Pour Peter Magyar, il s’agit d’un signal fort indiquant que les institutions étatiques de l’ère Viktor Orbán sont en train d’être démantelées.
Mettre fin à l’ère Orbán
Sulyok dispose désormais de cinq jours pour signer l’amendement ou le renvoyer devant la Cour constitutionnelle. S’il opte pour cette dernière solution, Magyar a l’intention d’engager immédiatement une procédure de destitution, ce qui entraînerait automatiquement la suspension du président. Une démission volontaire pourrait éviter une crise constitutionnelle, mais Sulyok a jusqu’à présent refusé de quitter ses fonctions.
Le parti d’opposition Fidesz a quitté l’hémicycle en signe de protestation avant le vote et a qualifié celui-ci de prélude à la tyrannie. Le parti fait valoir que l’amendement confère au gouvernement un pouvoir excessif pour révoquer de manière arbitraire des fonctionnaires et des hauts responsables. Selon Péter Róna, ancien candidat de l’opposition à la présidence, le Fidesz revient ainsi à la logique de son propre modèle de pouvoir. L’amendement ne concerne pas uniquement le président. Les juges de la Cour constitutionnelle âgés de plus de 70 ans doivent également démissionner, et les députés ayant exercé trois mandats ne peuvent plus être réélus. Cela touche principalement le Fidesz, où plus de la moitié des députés actuels seraient concernés par cette règle.
Magyar présente cette mesure comme une purge nécessaire de l’appareil d’État après seize ans de règne d’Orbán. Son parti a remporté une victoire avec une marge étonnamment large en avril et entend introduire une nouvelle Constitution dans les années à venir. Orbán lui-même n’a pratiquement pas réagi à cette défaite, mais au sein du Fidesz, le malaise grandit face à son absence et à la profonde crise politique.
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