©Jingming Pan via Unsplash
À Rotterdam, de nouvelles fouilles auront lieu cet été dans le cadre de l'affaire du vol d'or du siècle.
Fin 2019, plus de 1 100 kilos d’or ont disparu d’un coffre-fort hautement sécurisé de l’Erasmushuis, sans que le vol ne soit immédiatement remarqué. Ce n’est qu’environ un an plus tard qu’il est apparu que 63 coffres-forts avaient été vidés. Le butin est désormais estimé à environ 128 millions d’euros.
Vendredi, lors d’une visite de la scène du crime, des juges, des avocats et des policiers ont pu découvrir de manière exceptionnelle l’intérieur du bunker situé sur le Coolsingel. Le lieu ressemble d’ailleurs à un véritable décor de film policier : des portes épaisses de plusieurs mètres, des couloirs étroits, de vieilles salles de coffres et un système d’accès doté d’un contrôle biométrique et de multiples niveaux de sécurité. Pourtant, selon l’enquête, les voleurs ont réussi à s’introduire sans se faire remarquer et à remplacer le contenu des coffres à or par des billes de plomb en caoutchouc silicone, de sorte que le poids soit resté pratiquement identique.
La police penche pour un coup monté de l’intérieur. Les principaux suspects sont Tjeerd K. et Thomas B., les fondateurs et anciens propriétaires de Safe Deposit Netherlands. Ils ont disparu sans laisser de traces, tout comme l’or. D’après la reconstitution des faits, ils se seraient enfuis à Dubaï après le vol. On ignore s’ils s’y trouvent toujours.
Le grand tour de passe-passe
Le vol semble avoir été minutieusement planifié. Selon la police, l’or a été acheminé au deuxième étage via un monte-escalier et un monte-charge, vraisemblablement pour échapper aux caméras de surveillance, puis redescendu vers un "atelier de bricolage" situé au sous-sol. C’est là que les coffrets d’or ont été remplacés par un poids équivalent de billes de plomb, moulées dans du caoutchouc silicone afin d’assurer la stabilité de l’ensemble. L’un de ces coffrets rouges, contenant 17,5 kilos d’or, a été présenté à la barre afin que les juges puissent eux-mêmes en évaluer le poids.
L'enquête se poursuit entre-temps
Le parcours à travers le bâtiment joue un rôle important dans cette affaire. Sur le papier, la sécurité du coffre-fort était très stricte. Il fallait d’abord obtenir l’autorisation d’un employé au deuxième étage, puis présenter un badge biométrique pour y accéder. Mais la manière exacte dont les auteurs ont contourné ce dispositif de sécurité reste l’une des questions centrales. La phase préparatoire se poursuivra lundi, et l’examen au fond de l’affaire aura lieu plus tard dans l’année. Tant que les suspects ne se présenteront pas et que l’or restera introuvable, le cambriolage de Rotterdam restera l’un des crimes les plus mystérieux de ces dernières années.
(©Jingming Pan via Unsplash)
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