La société russe est loin d’être unanime quant à l’invasion de l’Ukraine. C’est ce que prouve la popularité croissante de ce mouvement anti-Poutine
"Black Spark" illustre parfaitement comment la guerre en Ukraine se déroule également au sein même de la Russie. Ce groupe se présente comme un mouvement de résistance clandestin menant des actions de sabotage, d’infiltration et de cyberattaques contre la machine de guerre russe. C’est ce que rapporte le Daily Mail.
D’après ses propres déclarations et les informations relayées, "Black Spark" cible principalement les voies ferrées, les infrastructures énergétiques et l’industrie pétrolière. Le groupe considère ce secteur comme l’artère financière du Kremlin, car il permet notamment de financer la guerre et l’approvisionnement de l’armée. Dans des communiqués récents, le mouvement a même affirmé que ses membres avaient opéré secrètement et sous couverture pendant des mois dans la zone d’Alabuga, où la Russie produit des drones Shahed, et qu’ils y auraient dérobé des données et saboté la production.
"La dé-poutinisation"
L’organisation tente de se présenter comme bien plus qu’un simple groupe d’activistes isolés. Selon les informations qu’elle diffuse, elle se compose d’anciens officiers, de spécialistes en informatique, d’ingénieurs pétroliers, d’activistes et de personnes ayant une expérience du combat. C’est surtout Igor Volobuev qui se présente comme figure de proue : un ancien haut dirigeant de la Gazprombank qui a fait défection en Ukraine et s’est ouvertement opposé à Poutine.
L’objectif va au-delà du simple fait de causer des dégâts. "Black Spark" parle de "dé-poutinisation" : affaiblir l’État russe, réduire les recettes pétrolières et perturber les transports et la logistique militaire afin d’entraver le bon fonctionnement de la machine de guerre. Le groupe se positionne ainsi comme un maillon de la résistance qui ne se contente pas d’agir de manière symbolique, mais entend également porter atteinte à l’économie et à l’armée.
La prudence reste toutefois de mise. En effet, une grande partie des informations provient de déclarations du groupe lui-même, de publications sur les réseaux sociaux et de médias qui reprennent ces affirmations, tandis qu’une vérification indépendante fait souvent défaut. Certains indices laissent toutefois penser que certaines revendications d’actes de sabotage et de piratage sont prises au sérieux, mais l’ampleur, la structure et la puissance de frappe exactes du groupe ne peuvent être vérifiées publiquement.
(©picture alliance / Newscom | KREMLIN)
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