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À Moscou, la faction des faucons gagne en puissance : il s’agit de personnalités issues des services de sécurité qui souhaitent une accélération de l’offensive en Ukraine. Au sein de ce groupe, le FSB, successeur du KGB dont est issu Vladimir Poutine, occupe une place de plus en plus influente. Le service étend son emprise sur la prise de décision militaire et politique, qu’il s’agisse des restrictions sur Internet, de la propagande dans les écoles ou des poursuites pénales.
Les "siloviki" – terme générique désignant les hauts responsables des services de sécurité et de la justice – avaient promis à Vladimir Poutine, le 24 février 2022, une victoire rapide. Plus de quatre ans plus tard, ils s’orientent vers une nouvelle escalade. C’est ainsi qu’à la fin du mois de mai, le missile hypersonique "Oresjnik" a été utilisé lors d’attaques contre Kiev, un signe que la Russie est capable d’atteindre des cibles situées entre 3 000 et 5 500 kilomètres. Ce missile est capable de transporter une ogive nucléaire, mais il n’aurait pas été lancé avec une telle ogive lors des attaques de ce week-end.
500 000 nouvelles recrues ?
Dans le même temps, le débat sur une nouvelle mobilisation s’intensifie. Le haut responsable Dmitri Medvedev a qualifié les informations à ce sujet de "rumeurs et de propagande payée", mais les médias indépendants et les analystes soulignent des préparatifs pour l’automne, éventuellement après les élections à la Douma en septembre. Les Russes recherchent massivement des informations sur les possibilités de voyager sans visa et sur les démarches les plus rapides pour obtenir un passeport ; en juillet, des habitants de Moscou ont même signalé qu’il était pratiquement impossible de prendre rendez-vous pour obtenir un passeport.
Près d’un demi-million de soldats russes tués et 1,4 million de blessés
Les chiffres du recrutement reflètent une situation tendue. Au premier trimestre, entre 800 et 1 000 personnes signaient chaque jour un contrat avec le ministère de la Défense. Cela représente une baisse de 20 % par rapport à l’année dernière. L’armée russe ne progresse que lentement sur le terrain et subit d’énormes pertes ; les estimations s’élèvent à 450 000 morts et 1,4 million de blessés. Le groupe de volontaires prêts à rejoindre le front, qualifié de "broyeur à chair", en échange de contrats très lucratifs, s’épuise.
Que va décider Poutine à présent ?
Les analystes s’attendent donc à ce que le Kremlin opte pour une mobilisation progressive, en partie hybride. On peut penser à des éléments s’apparentant à un état d’urgence limité : interdiction des manifestations, censure encore plus stricte, éventuelle confiscation de biens et nouvelles règles concernant les visas de sortie du territoire. On spécule également sur une interdiction (partielle) des VPN et sur de nouvelles mesures répressives et économiques, telles qu’une hausse des prix du carburant. Les experts doutent que la mobilisation soit bénéfique pour le front. "Il n’est pas facile de transformer un grand nombre de personnes en progrès", explique l’analyste militaire Gustav Gressel dans EU Observer. L’historien Sergueï Loukachevski qualifie la mobilisation de tournant stratégique pour Poutine : la guerre est dans l’impasse, et le principal atout de la Russie – un arrière-pays sûr – est mis sous pression par les attaques de drones ukrainiens qui s’enfoncent profondément en Sibérie.
"Deux options pour Poutine"
Selon M. Loukachevski, Poutine aurait donc deux options : envisager des négociations ou procéder à une mobilisation totale du pays. Mais même dans ce cas, cela ne résoudrait pas les problèmes fondamentaux : la course technologique entre les drones et les systèmes de défense, la vitesse d’innovation et les prix du pétrole. "La mobilisation n’aidera pas la Russie à gagner la guerre", a déclaré Loukachevski, à EU Observer. "Mais pour Poutine, l’enjeu est le maintien du pouvoir – et cela rend imprévisible son équilibre entre calcul rationnel et ambition irrationnelle."
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