The Press Junction.
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04 août 2026

L'Espagne ouvre ses portes à un million de migrants sans papiers

CEUTA - MAY 18: (----EDITORIAL USE ONLY Äì MANDATORY CREDIT - " SPANISH PRIME MINISTRY PRESS OFFICE / HANDOUT" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS----) Spanish Prime Minister Pedro Sanchez (L) inspects the Spanish territory of Ceuta on May 18, 2021. Starting on Monday, an unprecedented stream of at least 6,000 migrants, including many minors, began to swim or embark on small boats from Morocco into the Spanish territory. Spanish Prime Ministry Press Office / Handout / Anadolu Agency ©picture alliance / AA | Spanish Prime Ministry Press Office / Handout

Plus d’un million de migrants en situation irrégulière ont déposé une demande de titre de séjour en Espagne dans le cadre d’un plan de régularisation exceptionnel. Par cette mesure, Madrid va à contre-courant des politiques d’immigration plus strictes qui gagnent du terrain dans le reste de l’Europe.

Lancée en avril par le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez, cette mesure propose des titres de séjour renouvelables aux personnes vivant en Espagne depuis au moins cinq mois et n’ayant pas de casier judiciaire. À l’origine, le gouvernement tablait sur environ 500 000 demandes, mais dès la mi-juin, le total avait déjà dépassé les 900 000. Le dernier jour, le gouvernement a annoncé que le nombre de demandes avait dépassé le million.

Ce plan de régularisation trouve son origine dans une initiative citoyenne qui a reçu, en 2024, un large soutien de la part de plus de 700 000 Espagnols, de centaines d’organisations humanitaires, d’employeurs et de l’Église catholique. Parmi les demandes déposées, quelque 360 000 avaient déjà été approuvées à titre provisoire en juin, ce qui permet aux personnes concernées de travailler et de résider dans le pays pendant le traitement de leur dossier.

Tout le monde n’est pas automatiquement éligible à la régularisation. Les demandeurs doivent prouver qu’ils vivent en Espagne depuis au moins cinq mois consécutifs, qu’ils n’ont pas de casier judiciaire et qu’ils remplissent les conditions administratives requises. Ce n’est qu’alors qu’ils peuvent obtenir un titre de séjour et un permis de travail.

Le Premier ministre espagnol Sánchez défend cette initiative comme un moyen de reconnaître les personnes qui contribuent déjà à l’économie espagnole. Selon lui, les migrants sont indispensables pour soutenir le marché du travail, l’État-providence et les retraites dans un pays confronté au vieillissement de la population et au déclin de la population rurale. "Lorsque nous condamnons quelqu’un à l’invisibilité, nous aggravons la situation de notre pays", a-t-il déclaré à Madrid. Cependant, cette mesure se heurte à une opposition farouche de la part du Parti populaire (PP), conservateur, et du parti d’extrême droite Vox. Ces derniers avertissent que la régularisation ne ferait qu’encourager l’immigration clandestine. Des recours juridiques ont également été intentés au niveau régional pour bloquer le processus, mais la Cour suprême a provisoirement rejeté une demande de suspension de la procédure.

De plus, l’approche espagnole va à l’encontre de la nouvelle politique européenne en matière de migration. Au début du mois, l’UE a élaboré une réforme de grande envergure prévoyant des procédures de retour accélérées, des contrôles aux frontières plus stricts et la création de "centres de retour" situés en dehors de l’Union pour les demandeurs d’asile déboutés. Madrid s’y oppose, qualifiant ces centres de juridiquement contestables et disproportionnés, et estimant qu’ils ne respectent pas suffisamment le droit international et le droit de l’Union européenne. Ce faisant, l’Espagne opte clairement pour une approche différente.

 

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