Pour le Premier ministre espagnol, "Sans les immigrés, l'Espagne perdra 19 % de son PIB d'ici 2050"
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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a défendu mardi la régularisation prévue des migrants, la qualifiant de mesure nécessaire et économiquement bénéfique. Selon lui, sans immigration, l’Espagne pourrait perdre 19 % de son PIB d’ici 2050, voire 22 % d’ici 2075 : les migrants jouent un rôle essentiel pour l’emploi, l’agriculture, le secteur de l’hôtellerie-restauration et le financement de l’État-providence.
Jusqu’à mardi, tous les migrants qui résidaient en Espagne sans titre de séjour ni permis de travail avant le 1er janvier de cette année peuvent déposer une demande de régularisation, à condition de ne pas avoir de casier judiciaire. Le chef du gouvernement espagnol a déclaré que cette régularisation temporaire avait donné lieu à plus d’un million de demandes et que cela prouvait la nécessité de cette mesure. "Aucune société n’a jamais progressé en érigeant des murs", a déclaré le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a plaidé pour "tendre la main plutôt que de tourner le dos".
Le nouveau plan d’intégration, doté de 505 millions d’euros la première année, met l’accent sur les voies d’immigration légales, l’emploi, la formation, le logement, la santé, la cohabitation et la lutte contre la discrimination et les discours de haine.
"Une contribution décisive"
Le gouvernement espagnol investit également 185 millions d’euros dans des programmes visant à faciliter l’accès à l’emploi dans les secteurs à forte demande et à promouvoir l’entrepreneuriat.
Le gouvernement défend le plan d’intégration des migrants en s’appuyant sur des chiffres : ceux-ci représentent 14,6 % de la population espagnole et apportent une "contribution décisive" à la croissance économique et au maintien de l’État-providence. Lors de la présentation du plan mardi, le gouvernement a souligné que plus de 2,9 millions d’emplois avaient été créés entre 2018 et 2025, dont 44 % ont été occupés par des étrangers, tandis que le chômage a baissé de plus de quatre points de pourcentage.
"La régularisation mène à l’intégration"
Sánchez affirme que la régularisation mène à l’intégration. Si la régularisation n’a pas lieu, cela ne mènera qu’à l’exclusion. Le Premier ministre espagnol, membre du Parti socialiste (PSOE), critique les partis Partido Popular (conservateurs chrétiens-démocrates) et Vox (extrême droite) car, selon lui, ils "font de l’immigration un enjeu politique", tandis que son gouvernement mise, dans sa politique migratoire, sur une migration "responsable", assortie de droits et de devoirs.
Parallèlement, une incertitude juridique persiste : la Cour suprême espagnole examine si cette régularisation massive est compatible avec le droit européen et pourrait saisir la Cour de justice de l’Union européenne.
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