The Press Junction.
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04 août 2026

Pourquoi Kim Jong-Un ne parle jamais de sa mère ?

Xi returns home from Pyongyang North Korean leader Kim Jong-un (R) and his wife, Ri Sol-ju (2nd from R), wave to see off Chinese President Xi Jinping and his wife, Peng Liyuan, at the international airport in Pyongyang on June 9, 2026, as Xi returns home following his two-day visit to North Korea, in this photo released by the North's official Korean Central News Agency the next day. (For Use Only in the Republic of Korea. No Redistribution) (Yonhap)/2026-06-10 08:27:38/ ©picture alliance / YONHAPNEWS AGENCY | Yonhap

Le plus grand mystère entourant le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un est peut-être sa mère. En quinze ans au pouvoir, il ne l’a jamais mentionnée publiquement par son nom. Ce n’est certainement pas un hasard. En effet, ses origines vont à l’encontre du récit chéri par Pyongyang de la "lignée sacrée du Paektu", ce mythe dynastique sur lequel repose la légitimité du régime.

Selon diverses sources, la mère de Kim Jong-un, Ko Yong-hui, serait née à Osaka, au Japon, de parents d’origine coréenne originaires de Jeju. Sa famille faisait partie des Coréens Zainichi, une communauté qui est restée au Japon pendant la période coloniale japonaise et qui était souvent considérée en Corée du Nord comme suspecte ou "contaminée". Dans le système de classes nord-coréen, le songbun, les personnes issues d’un tel milieu obtiendraient un score inférieur et auraient moins de chances d’accéder à l’éducation ou à un bon emploi.

Cela rend ses origines politiquement explosives. En effet, le discours officiel de l’État présente ouvertement la dynastie Kim comme une lignée quasi mythique remontant au mont Paektu et au fondateur de la Corée. Les spécialistes soulignent qu’un dirigeant dont la mère serait originaire du Japon saperait cette image et soulèverait en outre des questions quant à la pureté sur laquelle repose la succession.

Ko Yong-hui est arrivée en Corée du Nord à l’âge de dix ans dans le cadre d’un programme de rapatriement qui a attiré des milliers de familles coréennes du Japon en leur promettant une éducation, des soins et un emploi gratuits. Plus tard, elle a travaillé comme danseuse au sein de la troupe artistique Mansudae, ce qui lui a valu d’attirer l’attention de Kim Jong-il. D’après ce qui est de notoriété publique, ils ont eu trois enfants ensemble : Kim Jong-chul, Kim Jong-un et Kim Yo-jong. Comme leur relation n’a jamais été officiellement reconnue, Ko a vécu en grande partie à l’écart de la propagande.

Après la mort de Kim Jong-il en 2011, Kim Jong-un lui a succédé. Les analystes estiment que depuis lors , la famille garde un silence encore plus délibéré sur Ko Yong-hui, craignant que ses origines ne remettent en cause la légitimité du jeune dirigeant. Même son décès des suites d’un cancer du sein à Paris en 2004 a été passé sous silence en Corée du Nord.

 

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