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La compagnie low-cost Ryanair passe à l’acte : cinq avions quitteront leur base de Charleroi et 2 millions de sièges seront supprimés en Belgique pour l’hiver 2026 et l’été 2027. Une riposte frontale contre la hausse de la taxe d’embarquement votée par le gouvernement fédéral, qui menace la compétitivité des aéroports belges et fait craindre des pertes d’emplois massives.
Depuis juillet 2025, la Belgique a harmonisé et renforcé la taxe d’embarquement (TILEA) : 10 € pour les trajets de moins de 500 km et 5 € pour ceux de plus de 500 km. Un projet initial prévoyait même de porter cette taxe à 10 € dès 2027 pour les vols entre 500 et 3 500 km, avant que le gouvernement ne revienne partiellement en arrière, en la fixant à 7 € pour cette tranche. Pour Ryanair, dont le modèle repose sur des marges très fines par passager, cette fiscalité est "stupide" et rend certaines bases et lignes non viables.
Charleroi en première ligne
Brussels South Charleroi Airport (BSCA) est le principal théâtre de cette guerre économique : Ryanair y assure plus de 80% du trafic. La compagnie a officialisé le retrait de 5 avions sur les 18 ou 19 basés à Charleroi, ainsi que la suppression d’environ 1 million de sièges dès l’hiver 2026–2027, avec une menace d’un million de suppressions supplémentaires en 2027. Une quinzaine de destinations pourraient disparaître, et des réductions de fréquences sont déjà visibles sur certaines liaisons européennes.
Des retombées économiques et sociales lourdes
Les conséquences dépassent largement le cadre strictement aérien. L’aéroport de Charleroi alerte sur la perte d’environ 1 100 emplois directs et indirects, et sur près de 100 millions d’euros de retombées économiques en moins pour le pays. La majorité de ces emplois se concentrent dans le Hainaut, avec un impact fort sur les communes proches de l’aéroport et sur la ville de Charleroi elle-même. La direction de BSCA craint qu’aucune autre compagnie ne prenne le relais à court terme, ancrant une perte durable de connectivité.
Un débat politique tendu
Le gouvernement fédéral défend la taxe comme un outil de politique climatique et de recettes budgétaires, tandis que la Région wallonne, très dépendante de Charleroi, a fait pression pour limiter la hausse. Ryanair, de son côté, pointe la compétitivité de pays voisins qui réduisent ou suppriment ce type de taxe pour stimuler le trafic aérien et l’économie. Résultat : moins de vols, des tarifs potentiellement plus élevés et une connectivité belge fragilisée, au moment où le tourisme et les affaires ont besoin de liaisons abordables.
(VS - Picture : © Lucas Davies via Unsplash)
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