© picture alliance / Anadolu | Dursun Aydemir
En marge du sommet de l'OTAN qui s'est tenu la semaine dernière à Ankara, le média allemand RND s'est entretenu avec Margus Tsahkna, ministre des Affaires étrangères de l'Estonie, pays voisin de la Russie. Tsahkna y déclare qu’il constate un effritement du soutien à Poutine au sein de l’élite russe.
Dans cette interview, le ministre estonien Margus Tsahkna affirme que la Russie ne prépare actuellement aucune attaque de grande envergure contre les pays de l’OTAN. En tout cas, rien ne permet de le supposer : "Il n’y a pas de mouvements de troupes significatifs et la Russie est accaparée par l’Ukraine. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait aucun danger venant de la Russie. La Russie reste un pays dangereux et des provocations sont possibles à tout moment. Nous y sommes préparés. Mais j’estime qu’une invasion à grande échelle dans les semaines à venir est exclue. La Russie ne dispose pas des troupes nécessaires pour cela."
Selon lui, l’Europe ne doit pas céder aux menaces de Poutine, mais au contraire intensifier la pression par le biais de sanctions, d’un soutien militaire à l’Ukraine et d’une patience stratégique.
Tsahkna constate toutefois que les tensions autour de Poutine s’intensifient : "Beaucoup de ceux qui parlaient encore de victoire il y a un an n’y croient plus aujourd’hui. Même parmi les oligarques, de plus en plus de personnes remettent en question la guerre de Poutine."
Il estime qu’un changement de comportement de la part du président russe est possible : "Poutine pourrait revoir ses objectifs et entamer des négociations sérieuses, s’il agissait de manière rationnelle. Mais il se pourrait tout aussi bien qu’un jour, il saute par la fenêtre avec sa famille. Après tout, ce genre de choses arrive en Russie."
Il affirme que les discussions visant à amener Poutine à la table des négociations ont en réalité échoué, et que Donald Trump a surtout perdu du temps : la pression russe sur l’Ukraine s’est accrue, comme en témoignent les attaques russes de plus en plus intenses.
"Poutine a réussi pendant des années à semer la peur d’une escalade en Occident", ajoute le ministre estonien. "Mais nous ne devons pas nous laisser intimider par ses menaces d’escalade. L’idée que la Russie puisse recourir à des armes nucléaires me semble irréaliste. Ce serait un suicide politique. La Chine le sait, et la communauté internationale n’accepterait pas une telle démarche."
Dans le même temps, M. Tsahkna souligne que l’Europe doit renforcer sa propre défense, réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et investir davantage dans la production et la coopération européennes.
À propos de Donald Trump , il affirme que l’Europe doit le prendre au sérieux, mais ne pas céder à la panique à chaque déclaration : "Trump n’est pas le premier président américain à reprocher à l’Europe de ne pas en faire assez pour sa sécurité. Le ton s’est durci, mais le message n’est pas nouveau. L’époque de la dépendance vis-à-vis des États-Unis est révolue."
Son message principal : l’époque de la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de sécurité est révolue, et l’Europe doit désormais assumer elle-même ses responsabilités.
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