Un sous-marin nucléaire soviétique, véritable bombe à retardement au large des côtes norvégiennes
©Belov Sergey via Unsplash
Trente ans après son naufrage, le sous-marin soviétique Komsomolets continue de faire des vagues en mer de Norvège. Bien que des mesures récentes montrent que les torpilles à ogive nucléaire ne fuient pas encore de plutonium, le réacteur nucléaire de l'épave émet bel et bien encore des substances radioactives.
Le Komsomolets a coulé en 1989 à la suite d’un incendie à bord, à la fin de la Guerre froide. Quarante-deux des 69 membres d’équipage ont perdu la vie dans cet accident. Le sous-marin repose sur les fonds marins à une profondeur d’environ 1,7 kilomètre, à quelque distance des côtes norvégiennes.
De nouvelles recherches menées par les autorités norvégiennes montrent que les travaux d’étanchéification effectués précédemment sont toujours en place, mais ne peuvent plus être considérés comme une solution permanente. L’étude révèle que le réacteur provoque périodiquement des fuites, avec des pics de strontium 90 et de césium 137 respectivement 400 000 et 800 000 fois supérieurs aux niveaux habituels observés en mer de Norvège.
Toutefois, rien n’indique actuellement que des substances radioactives s’accumulent à proximité immédiate de l’épave. Selon les chercheurs, les radionucléides rejetés sont rapidement dilués dans l’eau de mer environnante, de sorte que l’impact sur le milieu marin semble limité pour l’instant. Les scientifiques constatent toutefois des signes évidents de corrosion au niveau du réacteur et de certaines parties de la coque. Cela suggère que les matières nucléaires continuent de se détériorer et que de futures fuites ne peuvent être exclues. Les autorités de régulation norvégiennes appellent donc à poursuivre les recherches sur le processus de corrosion et sur l’évolution potentielle des émissions à l’avenir.
La question du Komsomolets reste donc d’actualité, non seulement en raison de l’importance historique de l’épave, mais aussi en raison de ses implications plus larges. À l’heure où les tensions géopolitiques s’intensifient et où l’activité militaire en mer s’accroît, ce sous-marin constitue un exemple édifiant de la durée pendant laquelle les conséquences d’un accident nucléaire peuvent perdurer.
(©Belov Sergey via Unsplash)
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