La Suisse se prononce sur un plafond démographique : 10 millions d'habitants et pas plus
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Le 14 juin, la Suisse se prononcera sur l'initiative dite "pour la durabilité", portée par l'Union démocratique du centre (UDC), le parti de la droite conservatrice. Le plan vise à limiter la population à 10 millions d'habitants d'ici 2050, selon des informations rapportées par Der Spiegel.
Actuellement, la Suisse compte 9,05 millions d'habitants. Selon le plan de l'UDC, le gouvernement suisse devrait freiner l'immigration, au besoin en annulant les traités internationaux, une fois que la population aura dépassé la barre des 9,5 millions d'habitants.
Plus d'un quart de la population n'a pas de passeport suisse et quatre résidents sur dix ont des origines étrangères. En 2023, la population suisse aura augmenté de quelque 100 000 personnes grâce au solde migratoire, essentiellement composé de travailleurs hautement qualifiés en provenance de l'Union européenne, notamment d'Allemagne, de France et d'Italie.
L'UDC répond à un malaise largement partagé : la hausse des loyers, les trains bondés et les embouteillages, résumés sous le terme de "Dichtestress" ("stress de la densité"). La stratégie de campagne, étonnamment modérée, interpelle : pas d'affiches anti-immigration agressives, mais un accent mis sur des thèmes sociaux pour atteindre les électeurs au-delà de l'électorat conservateur traditionnel. Pour l'instant, le succès est au rendez-vous : une courte majorité de la population est favorable à la proposition, y compris 54 % des électeurs du PLR (Parti libéral-radical), qui avait pourtant appelé à voter contre.
Risques économiques
Les opposants mettent en garde contre les risques économiques. La Suisse dépend fortement de la main-d'œuvre hautement qualifiée de l'Union européenne : plus de quatre médecins sur dix ont obtenu leur diplôme à l'étranger. Les économistes préviennent qu'en cas de pénurie de personnel, les entreprises délocaliseront leur production à l'étranger. En outre, les critiques soulignent que l'approbation du plan affecterait les relations de la Suisse avec l'UE. Cela pourrait fragiliser encore un peu plus le pays, alors que la Suisse est déjà confrontée à des droits de douane américains de 39 %.
Le résultat dépendra en grande partie de l'électorat du PLR, composé majoritairement d'employeurs ou de propriétaires immobiliers qui profitent généralement de l'immigration : s'ils optent pour la prudence économique, l'UDC pourrait bien manquer son coup.
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