Épidémie d'Ebola au Congo : déjà plus de 200 morts, la crainte d'une propagation grandit
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L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo progresse à un rythme alarmant. Depuis que l'OMS a déclaré l'état d'urgence international la semaine dernière, le nombre de morts est passé de 80 à 204. Répartis dans trois provinces, on dénombre actuellement plus de 850 cas suspects de contamination. L'épidémie se concentre dans l'est du pays, où les violences entravent gravement le déploiement de l'aide humanitaire.
La situation sur le terrain est tendue. Dans la province d'Ituri, des habitants ont mis le feu à deux centres de traitement. À la suite de l'incident, dix-huit patients suspectés d'être infectés ont fui les cliniques. Par ailleurs, trois volontaires de la Croix-Rouge sont également décédés après avoir vraisemblablement contracté le virus Ebola au cours de leur travail humanitaire.
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesu, directeur de l'Organisation mondiale de la santé, les pays se trouvent à un moment critique de la lutte contre l'épidémie. "Il est crucial que les autorités fassent preuve d'une extrême vigilance pour contrôler la propagation", a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien Volkskrant.
Propagation aux pays voisins
La propagation du virus aux pays voisins est préoccupante. L'Ouganda compte désormais cinq cas confirmés et un décès, et a suspendu les transports publics vers le Congo. De son côté, l'Union africaine prévient que dix pays sont menacés, dont l'Angola, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie.
La variante actuelle de Bundibugyo, dont la période d'incubation peut aller jusqu'à 21 jours, constitue un facteur de complication. Entre l'infection proprement dite et l'apparition des symptômes, les voyageurs infectés ne présentent aucun symptôme et échappent ainsi totalement aux contrôles frontaliers.
Que fait Washington ?
Les experts pointent du doigt un manque chronique de ressources, en partie imputable à la réduction de l'aide au développement par les pays occidentaux et au retrait des États-Unis de l'OMS. Pour l'heure, Washington adopte une approche protectrice : les voyageurs dépourvus de passeport américain qui ont séjourné au Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours sont interdits d'entrée sur le territoire américain. Même l'équipe nationale de football congolaise, qui se trouve actuellement en Belgique, devra passer trois semaines en isolement avant de pouvoir entrer dans le pays hôte de la Coupe du monde de football.
"Notre principal objectif est que le virus Ebola n'atteigne pas les États-Unis", a déclaré le secrétaire d'État américain Marco Rubio.
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