The Press Junction.
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05 juin 2026

Les négociations échouent entre les Etats-Unis et l'Iran

©PA

Otages des énergies fossiles plus que jamais : il n’y a pas d’accord États-Unis–Iran, comme l’ont confirmé à la fois le vice‑président américain JD Vance et des sources iraniennes, et le détroit d’Ormuz reste le principal "front de guerre", avec le risque de mettre à genoux l’économie d’une bonne partie de la planète.

Le premier round de négociations officielles au Pakistan s’est soldé par un échec total : les deux parties le confirment, mais, comme on pouvait s’y attendre, elles ne s’accordent pas sur les raisons de cet échec. Selon les États-Unis, il n’était pas possible de conclure un accord parce que l’Iran n’a pas promis de renoncer définitivement au nucléaire, tandis que Téhéran dénonce les exigences déraisonnables de la Maison-Blanche.

Les pourparlers avaient débuté samedi 11 avril à Islamabad et se sont poursuivis toute la nuit jusqu’au dimanche matin, heure du Pakistan, sans déboucher sur un accord permettant de mettre fin définitivement à la guerre.

Au cœur du désaccord se trouverait le présumé programme nucléaire auquel l’Iran ne souhaiterait pas renoncer. Une renonciation que les États-Unis présentent, depuis le début, comme une condition non négociable pour un accord définitif.

"Je pense que c’est une mauvaise nouvelle pour l’Iran, bien plus que pour les États-Unis d’Amérique. Nous rentrons donc aux États-Unis sans avoir conclu d’accord" a déclaré JD Vance sur CNN, selon lequel l’offre américaine était très flexible :

"Nous avons été très accommodants […] Nous l’avons été et, malheureusement, nous n’avons pas réussi à faire le moindre progrès"a‑t‑il conclu.

La partie iranienne n’est évidemment pas du même avis et parle, elle, de revendications déraisonnables.

Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré à l’agence de presse semi‑officielle Tasmin que les négociations s’étaient conclues sans aucun accord en raison des exigences excessives formulées par la partie américaine.

Même si un terrain d’entente a été trouvé sur certaines questions, d’autres, très importantes, restent trop divergentes pour aboutir à un accord définitif.

Ces négociations se sont tenues après 40 jours d’une guerre imposée et dans un climat de défiance et de suspicion. Il est naturel qu’on ne s’attende pas, dès le départ, à parvenir à un accord en une seule rencontre. Personne ne s’y attendait

Dans le même sens, l’agence iranienne IRNA News Agency rapporte que figuraient également à l’ordre du jour des négociations les réparations de guerre, la levée des sanctions et la fin totale de la guerre contre l’Iran et la région (sans oublier qu’Israël continue de bombarder le Liban, en soutenant que ce front ne faisait pas partie de la trêve, déjà extrêmement fragile en elle‑même, conclue ces derniers jours).

"Rien ne peut ni ne doit nous dissuader d’accomplir notre grande mission historique envers notre chère patrie et la noble civilisation iranienne", a déclaré le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei. La République islamique d’Iran est déterminée à utiliser tous les instruments à sa disposition, y compris la diplomatie, pour garantir les intérêts nationaux

Le détroit d’Ormuz menace de mettre à genoux l’économie d’une bonne partie du globe. Au lendemain de l’attaque États-Unis–Israël, l’Iran avait en effet fermé ce couloir maritime entre le golfe Persique et l’océan Indien, 33 kilomètres de mer cruciaux pour la stabilité des marchés énergétiques mondiaux.

Chaque jour, environ un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié transitent par ce détroit, des millions de barils et d’énormes volumes de gaz qui alimentent industries, centrales électriques, transports et chauffage domestique. C’est une voie incontournable pour les exportations des principaux producteurs du Golfe — Arabie saoudite, Irak, Émirats, Qatar — ainsi que pour l’Iran lui‑même.

Le blocage implique une réduction drastique de l’offre mondiale d’énergie. Et lorsque l’offre diminue, les prix grimpent : pétrole et gaz ont littéralement flambé dès les premières heures suivant l’annonce, avec des répercussions immédiates sur les dépenses quotidiennes de chacun d’entre nous.

Depuis le 28 février, jour de la première attaque, le trafic a en effet chuté de 81 % par rapport aux niveaux du début d’année : de 10,3 millions de tonnes brutes par jour à environ un million. Le 2 mars, les Pasdaran avaient officiellement confirmé la fermeture, menaçant de frapper tout navire en transit.

Quatre jours plus tard, le 6 mars, Téhéran avait annoncé une réouverture partielle, mais assortie de conditions qui rendaient la mesure inopérante, si bien que les marchés n’ont pas réagi.

Le 22 mars, le régime des âyatollâh avait posé six conditions pour mettre fin au conflit : fermeture des bases militaires américaines dans la région, rejet de l’agression et versement de réparations à l’Iran, fin de la guerre sur tous les fronts régionaux, poursuites et extradition des opérateurs des médias anti‑iraniens et, comme on pouvait s’y attendre, mise en place d’un nouveau régime juridique pour le détroit d’Ormuz.

Des conditions jugées inacceptables par les États‑Unis, au point que la "réponse" de Donald Trump fut un ultimatum de 48 heures, ensuite retiré au nom d’une trêve à laquelle a toutefois succédé une violente attaque israélienne contre le Liban, faisant entre 182 et 254 morts et jusqu’à 890 blessés.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou s’est empressé de préciser que les opérations contre le Hezbollah se poursuivent, considérées comme un front distinct de celui couvert par la trêve. Mais les raids ont aussi touché des zones centrales densément peuplées, tuant des civils innocents. Parmi les secteurs les plus frappés figure en particulier Corniche al Mazraa, l’un des principaux axes urbains de la capitale, où secouristes et pompiers ont travaillé des heures durant au milieu d’immeubles éventrés et de voitures carbonisées.

De fait, nous sommes tous pris en otage : la guerre États-Unis–Iran et les autres  "fronts distincts" sont en train de mettre à genoux l’économie de la moitié de la planète. Une économie qui, comme nous le savons repose encore presque entièrement sur les énergies fossiles.

 

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